Le géant suisse du luxe Richemont a fait état mercredi d’un léger rebond de 1% de ses ventes trimestrielles sous l’impulsion de l’Asie et du Moyen Orient ainsi que de la joaillerie malgré des ventes toujours en berne en Europe avec les restrictions sanitaires.
Le groupe propriétaire de la maison Cartier a dégagé un chiffre d’affaires de 4,1 milliards d’euros au troisième trimestre de son exercice 2020/2021 décalé (clos au 31 décembre), en hausse de 5% sur un an hors effets de changes et de 1% une fois converti en euros, a-t-il indiqué dans un communiqué. Ce chiffre dépasse légèrement les prévisions des analystes interrogés par l’agence suisse AWP qui l’attendaient en moyenne à 4 milliards d’euros, grâce à des ventes meilleures qu’attendu dans la joaillerie. Ce segment qui représente plus de la moitié de son chiffre d’affaires a affiché un rebond de ses ventes de 14% hors effets de change durant ce trimestre qui englobe les fêtes de fin d’année. Les ventes de montres sont toutefois restées en territoire négatif, reculant de 4%, a détaillé le groupe propriétaire entre autres des marques Piaget, IWC et Jaeger-LeCoultre, leur chute ralentissant toutefois après un plongeon de 38% au premier semestre. Durant ce trimestre, le groupe suisse a vu ses ventes hors effets de change rebondir de 25% dans la zone Asie Pacifique sur fond de hausse de 80% de ses recettes en Chine qui a permis de compenser le repli dans d’autres pays d’Asie. Elles ont également grimpé de 27% en monnaies locales au Moyen Orient et Afrique, notamment grâce à une reprise des dépenses touristiques à Dubaï. Ses ventes se sont en revanche contractées de 20% en Europe, le groupe évoquant les restrictions sanitaires et l’absence des touristes sans donner de détails sur la demande locale pendant les fêtes de fin d’année.Dans la zone Amériques, Richemont a par contre décrit la demande locale
comme «relativement solide», les ventes y progressant de 3%.
A 9H02 GMT mercredi, l’action s’adjugeait 3,14% à 86,16 francs suisses alors que le SMI, l’indice de référence de la Bourse suisse, grimpait de 0,45% à l’issue de ce trimestre qui a réservé de «nombreuses surprises positives», a réagi Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux. Ces ventes trimestrielles ont fait ressortir «une forte croissance dans la joaillerie» mais les ventes de montres se sont également avérées «meilleures qu’attendu». De plus, les ventes en Europe n’ont pas été aussi mauvaises que craint, a-t-il également souligné, «ce qui montre probablement qu’il y a toujours une forte demande pour les produits de luxe y compris durant le Covid», a-t-il jugé. Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich, a lui aussi mis en perspective le recul des ventes en Europe, bien «meilleures que redouté». Avec la fermeture de boutiques sur plusieurs marchés clés à l’approche des fêtes, il craignait une baisse des ventes de l’ordre de 30%. Richemont, qui donnait un aperçu de ses ventes trimestrielles sans publier ses résultats complets, n’a pas donné d’indications sur ses attentes pour le reste de l’exercice. Au premier semestre, le groupe avait été secoué par les fermetures de boutiques et l’effondrement du tourisme, dont dépendent fortement les fabricants de produits de luxe.


