L’action du groupe Swatch plongeait jeudi dernier à la Bourse suisse après la déception suscitée par ses résultats annuels, au terme d’une année marquée par la crise sanitaire qui a fortement secoué les fabricants de montres suisses.
Pour l’exercice 2020, Swatch Group, connu pour ses montres en plastique multicolores mais également propriétaire d’autres marques horlogères, dont Tissot, Longines et Omega, a fait état d’une perte nette de 53 millions de francs suisses (49 millions d’euros), contre un bénéfice de 748 millions en
2019. Son chiffre d’affaires s’est contracté de 32,1% à 5,5 milliards de francs suisses, a indiqué dans un communiqué l’horloger, qui a également mis en avant les effets négatifs de changes. Ils ont réduit ses ventes de 286 millions de francs suisses. Le repli du chiffre d’affaires annuel, attendu, est plus marqué que prévu. Par comparaison, les analystes interrogés par l’agence suisse AWP l’évaluaient en moyenne à 5,8 milliards de francs.
Avec la crise sanitaire, le groupe suisse avait vu son chiffre d’affaires dégringoler de 43,4% au premier semestre, avant que ses ventes n’amorcent un
redressement sur la seconde moitié de l’année. Le recul s’est limité à 14,3% au second semestre, grâce en particulier à la reprise en Chine où ses ventes ont renoué avec une croissance «à deux chiffres», a-t-il précisé. «De nombreuses boutiques ont dû fermer leurs portes pendant une longue période», a retracé l’horloger suisse dans le communiqué, expliquant que ses points de vente dans les aéroports et destinations touristiques «ont particulièrement souffert, aujourd’hui encore, du manque de voyageurs». Au fil de l’année, le groupe a fermé 384 boutiques, entraînant des charges exceptionnelles de 42 millions de francs suisses. Le nombre de boutiques a été réduit de «manière drastique» à Hong Kong, où le nombre de magasins à été
ramené à 38 fin 2020, contre 92 un an plus tôt.
Rattrapage attendu en 2021 : Si le groupe a continué d’augmenter la voilure dans le commerce en ligne, la forte progression des ventes sur ce canal (+70%) «n’a pas permis de compenser les reculs enregistrés dans la vente de détail traditionnelle», a-t-il indiqué. Pour 2021, Swatch Group a toutefois dit espérer retrouver un chiffre d’affaires proche de celui de 2019. L’entreprise s’attend à un «fort besoin de rattrapage de la consommation», a-t-elle affirmé, «à l’instar de ce qui a été observé en Chine continentale après la normalisation de la situation sanitaire». «Dès que les restrictions de voyage seront assouplies ou levées, la demande va encore se renforcer», a ajouté le groupe. Ces prévisions ont toutefois été accueillies avec prudence par les analystes financiers. «Nous nous attendons aussi à un redressement en 2021», a réagi Rene Weber, analyste chez Vontobel, dans un commentaire boursier, jugeant cependant ces «perspectives très optimistes». Retrouver le niveau de ventes de 2019 en monnaies locales supposerait une croissance de plus de 30%, a-t-il calculé. Le secteur de l’horlogerie a été fortement secoué par la pandémie, entre les fermetures temporaires de magasins liées aux restrictions sanitaires et aux confinements et l’effondrement du tourisme, dont dépendent les fabricants de produits de luxe. En 2020, les exportations de montres suisses pour l’ensemble du secteur se sont contractées de 21,8%, reculant sur tous les grands marchés à l’exception de la Chine, a annoncé jeudi dernier la fédération horlogère suisse.


