Le fabricant de câbles Nexans va se recentrer progressivement d’ici 2024 sur ses activités liées à l’électrification, quitte à se séparer d’autres secteurs comme les télécoms ou l’industrie, a-t-il annoncé mercredi après la publication de ses résultats annuels 2020 marqués par le retour à un bénéfice net.
Objectif : amplifier la transformation engagée depuis deux ans pour devenir
un pur acteur de l’électrification, un domaine qui représente 65% du marché mondial du câble et devrait croître en moyenne de 4,3% par an ces dix prochaines années. Face à cette évolution, «rester un généraliste sera une faiblesse et non une force», a affirmé le directeur général Christopher Guérin en présentant la feuille de route 2024 de Nexans. Le développement de l’électrification va être soutenu par l’augmentation de la consommation d’énergie, de la demande en énergies renouvelables, la nécessité de moderniser, protéger les réseaux électriques et le développement des véhicules électriques, a-t-il souligné. Le groupe veut simplifier son fonctionnement et se concentrer sur quatre grands secteurs d’activité au lieu de 8, couvrant toute la chaîne d’activité, de la production d’énergie au consommateur final, en passant par la transmission et la distribution d’électricité. Il restera un acteur intégré, du cuivre à la fabrication des câbles. Nexans a annoncé des investissements supplémentaires de 200 millions d’euros dans les fermes éoliennes offshore et l’interconnexion entre régions. M. Guérin a expliqué que d’autres domaines d’activités du groupe, comme les télécoms et l’industrie, n’étaient plus stratégiques. Nexans prévoit donc dans les prochaines années de rechercher pour ceux-ci «les bons partenaires, les bons propriétaires». Parallèlement, le groupe poursuivra des acquisitions, soit stratégiques soit plus ciblées, pour se renforcer dans l’électrification. Parmi les objectifs financiers présentés pour 2024, Nexans visera une rentabilité plus élevée avec une marge d’excédent brut d’exploitation (marge
d’Ebitda) entre 10% et 12% pour un chiffre d’affaires standard (hors variation du prix du cuivre) entre 6 et 7 milliards d’euros.
Un tournant en 2020 : En 2020, le groupe a dégagé un bénéfice net part du groupe de 78 millions d’euros, contre une perte de 122 millions d’euros en 2019. Son chiffre d’affaires a reculé d’un peu plus de 11% à 6 milliards d’euros. L’Ebitda a atteint 347 millions d’euros, soit une marge d’Ebitda de 6,1%. «Malgré une crise économique et sanitaire mondiale sans précédent, 2020 a marqué un tournant pour Nexans», avec une transformation du groupe «accélérée» et des objectifs financiers dépassés, notamment pour la génération de trésorerie, a déclaré Christopher Guérin.
Le directeur général a dit aborder 2021 «avec confiance et des objectifs ambitieux», et visera cette année un Ebitda compris entre 410 et 450 millions d’euros. Ce niveau avait été atteint en 2019 (413 millions) avant la crise sanitaire qui a fortement pesé sur l’activité du premier semestre, avant une reprise dans la seconde moitié de l’année. Vu sa trésorerie, le groupe compte rembourser par anticipation dès 2021 son prêt garanti par l’Etat de 280 millions d’euros, et proposer le versement d’un dividende de 0,70 euro par action en 2021, alors qu’il avait retiré sa proposition de dividende en 2020 dans le contexte de la pandémie.


