La nouvelle étude déployée par SumUp souligne la nécessité de distinguer la tendance structurelle de la micro-tendance pour les commerçants. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer la face cachée de la Viral Economy avec Gabriel DESTREMAUT, Responsable Relations Publiques chez SumUp
MEDIACOM’ Votre étude révèle que 31% des commerçants français s’appuient sur les réseaux sociaux pour adopter des tendances. Assiste-t-on à une nouvelle façon de concevoir l’offre commerciale ?
Gabriel DESTREMAUT Absolument ! Nous passons d’une offre basée sur le besoin et la saisonnalité à une offre de plus en plus réactive. Avec près d’un tiers des commerçants s’appuyant sur les réseaux sociaux, le stock est de plus en plus dicté par les algorithmes et on se rapproche du mode de fonctionnement de la Fast Fashion. Le défi réside dans la capacité des commerces à intégrer ces nouveaux produits sans pour autant changer leur fonds de commerce.
MEDIACOM’ Les influenceurs jouent désormais un rôle dans la création de produits. Est-ce un tournant durable pour les TPE et PME françaises ?
Gabriel DESTREMAUT Seul le temps nous dira si c’est un tournant durable. C’est la façon de vendre qui change, plus que les produits eux-mêmes. Le coeur du métier, lui, reste le même. Les influenceurs agissent comme un intermédiaire entre les attentes des consommateurs et la production. Collaborer avec un influenceur pour le lancement d’un produit permet de réduire l’incertitude mais pour autant, il ne faut pas sombrer dans l’hyper-dépendance à une image de marque extérieure.
MEDIACOM’ Malgré la montée en puissance du digital, l’écoute des clients reste un levier clé pour un quart des commerçants. Comment expliquer cette complémentarité ?
Gabriel DESTREMAUT Le digital permet d’accélérer le processus, sans pour autant répondre à toutes les questions. L’échange avec les clients en personne permet de confirmer si les tendances populaires sont un besoin réel ou simplement un coup marketing sur les réseaux. Pour un quart des commerçants, les avis de leurs clients permettent d’adapter la tendance virale aux habitudes de consommation réelles au niveau local.
MEDIACOM’ L’exemple du matcha montre qu’une tendance peut s’installer dans le temps. Quels critères permettent de distinguer une mode passagère d’un phénomène durable ?
Gabriel DESTREMAUT C’est difficile à dire car les tendances sont toujours imprévisibles. Pour ne pas tomber dans le piège de l’éphémère, il faut se demander si le produit a une réelle utilité une fois l’effet de nouveauté passé. Pour le matcha, cela semble être le cas. Il faut également se demander si la tendance requiert un certain savoir-faire ou si elle est à la portée de tous. Et finalement, il faut être capable de déterminer si la tendance va s’inscrire dans la routine des consommateurs à long terme ou non.
MEDIACOM’ Quels signaux un commerçant doit-il observer avant de décider d’adopter une tendance virale ?
Gabriel DESTREMAUT Avant de se lancer dans une tendance, un commerçant doit surveiller trois aspects: la saturation, la cohérence de marque et l’évaluation des risques. Si une tendance, comme le Chocolat Dubaï, est déjà partout, le marché risque d’être saturé. Ensuite, le commerçant doit se demander : est-ce que ce produit parle à ma clientèle ? Si c’est le cas, alors il faut se poser la question de l’impact financier d’un investissement minimal sur l’entreprise.


