Alors qu’OpenAI déploie progressivement Sora 2, sa technologie de génération vidéo IA ultra-réaliste, les enjeux s’intensifient. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer cette course technologique avec Félix BALMONET, CEO de Chat3D.
OpenAi a annoncé le lancement de Sora 2. Peut-on encore distinguer ce qui est réel de ce qui est généré ?
Félix BALMONET OpenAi a dévoilé Sora 2, une nouvelle version de son générateur de vidéos par IA avec un niveau de réalisme bluffant. Nous avons pu tester cette nouvelle version… Très honnêtement, nous n’étions pas capables de dire si les vidéos étaient générées ou non par l’IA. Le risque est majeur: la disparition de cette frontière pourrait entraîner une méfiance généralisée vis-à-vis de tous les contenus en ligne. Une innovation majeure, qui n’est pas sans risque pour la population !
MEDIACOM’ Des outils comme Sora 2 peuvent-ils influencer la population ?
Félix BALMONET C’est LE grand défi actuel. Des outils comme Sora 2 peuvent être utilisés pour influencer l’opinion publique de manière très subtile et difficile à détecter, notamment via des deepfakes ou des avatars IA convaincants. Pour limiter ces dérives, il est primordial que les plateformes mettent en place des règles claires, notamment sur la diffusion de contenus politiques ou sensibles, et empêcher techniquement le contournement de ces règles. De plus, les utilisateurs doivent respecter des codes stricts, surtout lorsqu’ils manipulent l’image de personnes publiques ou privées. Le consentement explicite doit inclure les usages prévus des vidéos générées.
MEDIACOM’ Peut-on utiliser l’apparence ou la voix d’une personne sans son consentement dans une vidéo générée par l’IA?
Félix BALMONET Avec Sora 2, il est techniquement possible de générer des vidéos utilisant l’apparence et la voix de soi-même ou d’une personne qui nous y autorise. En France, l’image d’une personne est protégée par le droit à l’image : on ne peut pas l’utiliser sans autorisation, sauf dans certains cas. Mais ici, il ne s’agit pas seulement d’une photo ou d’une vidéo classique : on parle de données biométriques (forme du visage, mensurations, etc.), considérées comme sensibles par la CNIL. Cela pourrait empêcher qu’un tel logiciel soit distribué tel quel en France. Le vrai problème est que des acteurs comme OpenAI permettent déjà de créer des avatars imitant d’autres personnes.
MEDIACOM’ Quelle est l’expertise de Chat3D ?
Félix BALMONET Chat3D est née d’un constat simple : la création 3D reste trop complexe et chronophage. Notre ambition est de simplifier cette étape grâce à l’IA générative. Nous permettons à n’importe qui (ingénieur, designer, étudiant, ou même passionné) de créer un objet 3D à partir d’une simple description textuelle ou d’une image.
MEDIACOM’ La souveraineté numérique est-elle un enjeu clé pour Chat3D ?
Félix BALMONET La majorité des outils de création 3D assistée par IA viennent des États Unis ou d’Asie. Or, les données 3D sont stratégiques : elles concernent des produits, des brevets, parfois des technologies sensibles. Notre mission est de garantir que ces données restent hébergées et traitées en Europe, avec des modèles entraînés sur des jeux de données éthiques et sécurisés.
MEDIACOM’ Comment se développe Chat3D ?
Félix BALMONET Nous avons annoncé une levée de fonds de 3 millions d’euros. Cette dernière va nous permettre d’accélérer notre feuille de route : renforcer nos équipes techniques, améliorer la qualité du moteur IA et développer une API ouverte pour les entreprises. Nous voulons aussi investir dans la R&D pour adapter notre technologie à des domaines industriels complexes comme l’aéronautique, l’énergie ou la défense.


