Eskimoz a dévoilé une série de baromètres consacrés au GEO (Generative Engine Optimization), nouvelle disciple consistant à optimiser la visibilité des marques dans les moteurs conversationnels comme ChatGPT, Google Gemini ou Perplexity. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer ce nouveau paradigme avec Jérémy LACOSTE, Directeur général de Eskimoz.
MEDIACOM’ En quoi le GEO est-il devenu un nouveau pilier stratégique dans le marketing digital ?
Alban VILLANI Le GEO occupe évidemment la majorité des conversations que l’on a aujourd’hui avec nos prospects et nos clients. ChatGPT, c’est 800 millions d’utilisateurs actifs, 2 milliards de messages journaliers, et des déploiements chaque semaine, dont notamment une énorme brique transactionnelle. Tout le marché sent donc bien, à raison, que c’est un énorme shift qui s’annonce. Avec son lot de fantasmes et de brouillard que cela procure.
MEDIACOM’ Comment avez-vous construit vos baromètres sur le GEO ?
Alban VILLANI Notre ambition est d’avoir une vue assez exhaustive du marché français. Nous avons donc analysé 50.000 prompts sur 9 industries et 1.200 entreprises afin d’identifier les leaders par verticales. C’est évidemment un énorme travail de collecte et de restitution de données qui nous a occupé tous les mois d’août et septembre, mais que l’on a pu adresser grâce à LLM Ranking, notre outil propriétaire déjà utilisé par 1.000 clients pour mesurer leur visibilité sur ces nouveaux moteurs. Pour rappel, sur ChatGPT, le taux de clic est de 1%, donc 99% des prompts/requêtes ne génèrent aucune visite. Mais pour les annonceurs, être cité, c’est évidemment un actif central.
MEDIACOM’ Selon vos baromètres, quels acteurs se démarquent dans le secteur de l’automobile et du luxe ?
Alban VILLANI C’est évidemment très disparate. Sur l’automobile, les marques françaises s’en sortent très bien avec en trio de tête Renault, Dacia et Peugeot, Citroën. Idem d’ailleurs sur l’entretien où l’on voit caracoler en tête Feu Vert, Norauto et Midas. C’est globalement un secteur très mature avec des taux de mentions souvent au-dessus de 50%, donc très bien identifié par les LLM (Large Language Model). Sur le Luxe, c’est un sujet de prospective fort. Mais à date, peu d’initiative concrète ont encore été lancées par les marques, parfois réticentes à se lancer alors qu’elles ne maitrisent pas l’environnement propriétaires de ces moteurs de recherche. Sans surprise toutefois Chanel, Dior et L’Oréal mènent la danse. Mais aussi Hermès et Gucci qui ressortent fortement.
MEDIACOM Qu’en est-il du prêt-à-porter, de la santé et du tourisme?
Alban VILLANI Sur le prêt-à-porter, la concurrence est très inégale. Si sur le sportwear, les tops marques comme Nike, Adidas, Puma ne laissent que des miettes aux autres, c’est beaucoup plus disputé sur les multimarques comme Galeries Lafayettes, Printemps… Même constat côté tourisme qui reste un secteur très porteur évidemment pour ces moteurs IA. Et c’est sûrement là que la concurrence est le plus relevé : Sélectour en leader des agences de voyages, Campings.fr n°1 sur les campings, et Expedia en tête sur les centrales de réservation. Sur la santé enfin, les leaders SEO sont aussi devant en GEO. La visibilité sur Google reste un élément incontournable pour finalement être repris sur ChatGPT. La roche Posay, Avène et Bioderma trustent le haut du pavé.
MEDIACOM’ Quelle est la stratégie adoptée par les marques pour être visible en GEO ?
Alban VILLANI Déjà, 1ère étape, commençons à mesurer en continu sa présence. Nos baromètres ont vocation à donner une photographie de l’état du marché, mais il est naturellement nécessaire d’adapter les prompts suivis au business de chaque marque. Ensuite, une fois le diagnostic complet réalisé, l’ambition des marques doit être non seulement d’être cité, mais surtout de devenir une source crédible sur l’univers de prompts qui les intéressent. Pour ce faire, cela passe par la mise en place d’un corpus d’action assez similaire à ce que l’on peut faire en SEO, avec quelques nuances comme: la création de contenus très anglés, personnalisés, exemplifiés, le retravail de ses méta-données afin de donner une grille de lecture claire aux LLM, la mise en place d’une stratégie de rayonnement de marque auprès des medias/sources utilisés et la production de contenus qui se rapprochent de ceux utilisés par les sources.
MEDIACOM’ Selon vous, le marché français est-il suffisamment engagé dans cette recherche de GEO ?
Alban VILLANI Il y a un décalage énorme entre le contenu produit autour du GEO, et la maturité des actions lancées. Pour le dire en un mot : les acteurs qui se lancent aujourd’hui dans le GEO auront la chance de ne pas avoir de concurrent. Nous sommes dans le moment TikTok 2018 où le rapport effort/bénéfice était très positif. Pour les annonceurs, c’est donc une super opportunité de capitaliser sur un nouveau canal qui sera péréenne et de commencer à collecter des insights dès maintenant.


