Baskets ou électroménager commandés en un clic, entre une photo de vacances et une vidéo d’actualités: la possibilité de vendre directement sur les réseaux sociaux, déjà très répandue en Chine, aiguise l’appétit des commerçants et fabricants.
Soumis aux aléas sanitaires de l’épidémie de Covid-19, les commerces ne
jurent plus que par la vente en ligne, alors que les flux de consommateurs en magasins s’étiolent et que le retour au «monde d’avant» Covid-19, en terme de consommation, apparaît de plus en plus hypothétique.
Le groupe textile SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac), qui entend réaliser un quart de ses ventes en ligne en 2025, a expliqué fin janvier avoir «continué d’innover et de tester de nouveaux formats afin de renforcer le canal e-commerce, tels que le livestreaming ou le Virtual shopping».
Ces anglicismes, auxquels s’ajoute celui du «social selling», vente en direct sur les réseaux sociaux, «vont en 2021 devenir absolument clé pour les
survivants du textile», tranchait début janvier Laurent Thoumine, directeur exécutif d’Accenture France et Benelux.
«C’est un phénomène qui est très fort en Asie, pas uniquement en Chine», précise Céline Choain, spécialiste du secteur mode et distribution au sein du cabinet Kea & Partners.
Mana Zhou, responsable marketing d’AliExpress France, explique que le «livestreaming», mettant en scène des acteurs influents des réseaux sociaux pour recommander des produits aux personnes qui les suivent, est la «plus
grosse tendance dans le e-commerce sur ces deux dernières années» en Chine.
Selon AliExpress, le nombre d’utilisateurs de «livestream» dans le pays devrait atteindre 526 millions sur 2020.
En France, le phénomène reste plus confidentiel: l’entreprise a organisé un «marathon» de la spécialité en août, enregistrant 60.000 connexions, pour 4.800 utilisateurs qui ont interagi avec les présentateurs du live, et 1.000
commandes.
Elle dit avoir organisé, depuis son lancement dans l’hexagone en mai 2020, «plus de 3.000 livestreamings», «rassemblant au total 1,5 million de téléspectateurs français».
Mana Zhou vante un «lien de confiance» entre le vendeur en vidéo et son audience, comme il peut exister entre un commerçant et son client.
Le présentateur va essayer le vêtement ou l’objet, le commenter, répondre aux questions…
Permettant à chacun de voir «à quoi ressemble le produit sans édition ou retouche photo». Ce, sans avoir à se rendre en boutique.
Ce n’est pas propre à l’habillement: le groupe Seb a récemment estimé, par la voix de son directeur général Richard Joaristi, que le livestreaming s’est «imposé en très peu de temps comme une vitrine digitale et interactive», y compris pour l’électroménager par exemple.


