Depuis 20 ans, les marques les plus prestigieuses en rêvent, mais le pays le plus peuplé de la planète reste encore loin de combler leurs attentes.
«C’est un marché prometteur mais qui reste compliqué», souligne Bénédicte Epinay, déléguée générale du Comité Colbert, qui représente le secteur et réunit 85 entreprises tricolores. L’ouverture dimanche, dans la mégapole de Bombay (ouest), du premier magasin indien des Galeries Lafayette est «une étape importante qui va faire souffler le vent de l’Occident», se félicite-t-elle. Sur les 280 marques de luxe et de créateurs réparties sur 9.000 m³ et cinq étages, la majorité des marques sont étrangères. Cette proportion est susceptible d’évoluer, a indiqué dimanche Philippe Pedone, directeur du développement international des Galeries Lafayette, lors de l’inauguration de ce magasin réalisé en partenariat avec le groupe indien Aditya Birla. L’enseigne historique ambitionne d’ouvrir ‘un second grand magasin à New Delhi’, à l’horizon 2029-2030, a précisé Nicolas Houzé, président du directoire du groupe, qui vise au départ «un chiffre d’affaires annuel de 20 millions d’euros». Avec ses 1,4 milliard d’habitants, le potentiel du marché indien est immense. Chaque année, des dizaines de milliers de nouveaux millionnaires y affichent leur réussite au volant de leur Lamborghini ou Rolex au poignet. La progression e s t vertigineuse: le marché du luxe, évalué à 10 milliards d’euros en 2024, devrait tripler d’ici 2030, selon Estelle David, directrice de Business France Asie du Sud. «Quand une maison de luxe s’intéresse à un nouveau pays, elle regarde le nombre de personnes fortunées et l’essor d’une classe moyenne. L’Inde coche toutes les cases», explique la déléguée générale du Comité Colbert. Mais la réalité est plus complexe. Entre taxes élevées, contraintes réglementaires, infrastructures qualitatives limitées et forte identité culturelle, les obstacles restent de taille.


