Après avoir dirigé la musique chez Netflix pendant trois ans, Quentin BONIFACE retourne à la direction de Grande Ourse, l’agence qu’il a fondée en 2019. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer son activité et le développement de l’agence avec Quentin BONIFACE, Fondateur de Grande Ourse.
MEDIACOM’ Comment a été créée l’agence Grande Ourse ?
Quentin BONIFACE J’ai fondé l’agence Grande Ourse en 2019. Auparavant, j’ai exercé pendant dix ans les fonctions de directeur de la musique chez Gaumont, une expérience qui m’a permis de nouer des relations solides avec de nombreux compositeurs de talent. La première collaboration de l’agence s’est ainsi faite avec Mathieu Lamboley, compositeur de la bande originale du succès mondial Lupin sur Netflix. Quelques années après la création de Grande Ourse, j’ai rejoint Netflix afin d’y superviser la musique de plus de 500 productions réparties dans 18 pays. Durant cette période, la direction de l’agence a été confiée à une autre équipe. Aujourd’hui, je suis fier de reprendre les commandes de Grande Ourse.
MEDIACOM’ Au sein de Netflix, quelles étaient vos missions ?
Quentin BONIFACE Pendant mes trois années passées chez Netflix, j’ai eu pour mission de faire en sorte que la musique soit la meilleure pour tous les projets de la plateforme. J’ai été amené aussi à recommander des talents, à en former ou encore à gérer des budgets. Ces trois années chez Netflix m’ont permis de plonger au coeur de productions internationales d’envergure et de tisser des liens solides à travers le monde. Je reviens à Grande Ourse avec l’envie de mettre cette expérience au service de l’agence et une ambition claire : faire de Grande Ourse une référence internationale pour les compositeurs de musique à l’image.
MEDIACOM’ Depuis votre retour chez Grande Ourse, quelle est votre ambition ?
Quentin BONIFACE Grande Ourse renforce son expansion en dehors des frontières avec l’arrivée de Rihards Zaļupe (Lettonie), remarqué pour la musique du film d’animation «Flow», récemment oscarisé, Bryan Senti (US/Italie), BAFTA pour la série britannique «Mood», Yasmine Meddour, compositrice et chanteuse franco-russo-algérienne et Ahmet Kenan Bilgiç (Turquie), leader du groupe Gevende et compositeur de «L’Héritière et l’ambitieux» (Top 10 monde de Netflix). Le nouveau roster comprend désormais 12 compositeurs aux 11 nationalités et répartis dans 7 pays.
MEDIACOM’ Qu’en est-il de vos talents historiques ?
Quentin BONIFACE Les compositeurs historiques de Grande Ourse ne sont pas en reste : Guillaume Roussel, basé à Los Angeles, alterne entre projets français («Chien 51», «Fantomas», «Nero») et américains («Expendables», «Black Beauty» pour Disney, «Lift» pour Netflix). Mathieu Lamboley, compositeur du succès mondial «Lupin», a signé la musique de «Cassandra» (nommée aux Prix de la TV Allemande) et du film américain «Cold Storage», écrit par David Koepp. Matteo Locasciulli navigue entre l’Europe, les États-Unis et l’Asie («Miraculous», «Home Sweet Rome» et «Week-end à Taipei»…). David Sztanke a notamment collaboré avec la showrunneuse américaine Anna Winger («Transatlantic»).
MEDIACOM’ Avec ce développement, quels sont vos objectifs ?
Quentin BONIFACE Dans un contexte où les Oscars récompensent de plus en plus de compositeurs non-américains, et forte de son expérience dans la course aux Oscars avec le film «Emilia Perez», Grande Ourse relie les talents internationaux aux grandes productions et répond ainsi à la demande des acteurs régionaux et globaux (streamers, studios).
MEDIACOM’ Quel regard portez-vous sur les budgets alloués à la musique ?
Quentin BONIFACE Dans un projet audiovisuel, la musique a toute son importance. Tout le monde est d’accord avec cela. Néanmoins, au moment de réfléchir aux différents financements, il n’est pas rare de tomber sur des producteurs qui ont du mal à dépenser seulement 0,5% du budget total pour la production musicale. La musique a un impact très fort, mais il y a encore de nombreux freins financiers. Nos budgets sont souvent sacrifiés.
MEDIACOM’ L’adoption de l’IA est-elle un danger pour la production musicale ?
Quentin BONIFACE Fort heureusement, on ne nous demande pas encore de remplacer nos talents par de l’IA. De leurs côtés, les compositeurs sont conscients du soutien à la création que représente l’IA, tout en gardant à l’esprit le risque de se faire remplacer par cette dernière. J’accompagne des talents très haut de gamme avec des histoires très fortes. Ils ont une forte personnalité que l’IA ne peut venir remplacer.


