La chaîne britannique de vente en ligne de vêtements Boohoo chutait en Bourse mardi après des informations de presse indiquant qu’elle risquait une interdiction aux Etats-Unis en raison d’accusations de non respect du droit du travail, qu’elle dément.
Sky News affirmait un peu plus tôt que l’agence des douanes et de la protection des frontières américaine (CBP) avait assez de preuves pour ouvrir une enquête, à la suite de pétitions lancées par l’association britannique Liberty Shared.
Selon la chaîne d’informations, Boohoo risque d’être interdite d’exporter ses produits sur le sol américain.
Dans un communiqué, le groupe dit ne pas avoir «reçu de notification ni être au courant d’une enquête» de la part de la CBP.
Boohoo ajoute être confiante dans le fait qu’elle prend les mesures nécessaires pour que ses produits respectent les normes de l’autorité américaine en matière de lutte contre le travail forcé.
L’enseigne précise continuer à expédier des commandes vers ses clients américains.
«Si le groupe venait à découvrir toute indication d’esclavage moderne, il en ferait part immédiatement aux autorités compétentes», selon le communiqué.
L’image de Boohoo est ternie depuis l’an dernier par un scandale sur des conditions de travail déplorables chez des fournisseurs.
En plus d’informations de presse, l’association de défense des droits des
travailleurs Labour Behind the Label avait dénoncé en juillet les conditions
de travail chez des fournisseurs en Angleterre, notamment un niveau de salaire très en-dessous des minima légaux.
La société avait commandé un rapport dans la foulée qui n’avait trouvé aucune preuve montrant que Boohoo avait commis des délits, mais avait estimé que le groupe avait fermé les yeux sur les pratiques de ses fournisseurs.
En décembre, le quotidien The Guardian a fait de nouvelles révélations, accusant Boohoo de vendre des articles fabriqués au Pakistan par des ouvriers sous-payés.
Le groupe avait fait à appel en novembre à un ancien juge pour garantir ses bonnes pratiques avec pour mission de superviser les améliorations apportées dans le choix de ses fournisseurs et le respect de règles éthiques dans sa chaîne d’approvisionnement.
Boohoo, qui a profité à plein du boom des achats en ligne avec la pandémie, a tout récemment racheté les marques d’enseignes en faillite au Royaume- Uni, comme celle des grands magasins Debenhams et plusieurs de l’empire déchu de l’habillement Arcadia.


