Tout comme les acteurs de cinéma ou les chanteurs, les créateurs de contenus sont désormais entourés par des agents pour les aider à se professionnaliser et à créer des partenariats durables avec les annonceurs. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer l’expertise de l’agence Influx sur ce domaine, qui gère près de 30 talents, avec son CEO, Manuel DIAZ. Propos recueillis par Kevin Lheritier.
MEDIACOM’ Comment a été créée l’agence Influx ?
Manuel DIAZ L’agence Influx a été créée en 2018. Nous nous positionnons comme un intermédiaire entre les marques et les créateurs de contenus. Les acteurs de cinéma ou les chanteurs ont des agents. Nous voyons les influenceurs comme de vrais créatifs. Il était important de les accompagner en les aidant à être autonomes et indépendants. Pour détecter ces talents, personne ne postule. À l’aide d’un algorithme développé en interne, nous détectons les créateurs avec du potentiel.
MEDIACOM’ Comment travaillez-vous avec ces créateurs de contenus?
Manuel DIAZ Le premier mot d’ordre est de marteler qu’il ne faut pas considérer un créateur de contenus comme un panneau publicitaire ! L’idée est de centrer le message d’une marque dans la création et la ligne éditoriale du créateur de contenus. Chez Influx, nous comptons 27 talents, dont Guillaume Pley (Interviews), Laurent Baffie (Divertissement), Léo Duff (Tech), Alexis Vanden (Mode), Ambroise Léon (Design), Angus (Motorsports) ou encore Romain Lanéry (Business) et Max Bellona (Géopolitiques).
MEDIACOM’ Les profils sont très différents… Est-ce une volonté assumée ?
Manuel DIAZ Chez Influx, nous cherchons des voix uniques. J’ai pour obsession de trouver LA voix qui va se différencier des autres dans tel ou tel secteur. La vision d’Alexis Vanden est unique sur son secteur (la mode), comme celle de Léo Duff dans la Tech. Actuellement, je m’intéresse à l’influence BtoB, une verticale qui va apporter beaucoup de changements sur le marché, j’en suis persuadé !
MEDIACOM’ Les plateformes sociales sont en constantes évolution… Comment vous repérez-vous ?
Manuel DIAZ Avoir des connaissances fines et actualisées sur les plateformes sociales devient de plus en plus un défi, car les règles du jeu changent constamment. Pour suivre ces évolutions, nous avons ouvert des comptes dans plusieurs pays. Nous avons aussi développé des partenariats avec les plateformes pour anticiper ces changements. Nos talents peuvent ainsi tester en avant-première certaines fonctionnalités, et même proposer un retour d’expérience !
MEDIACOM’ Que représente votre processus Influx Academy ?
Manuel DIAZ Notre verticale Influx Academy est dédiée à la professionnalisation des jeunes talents que nous détectons. Nous intervenons non pas sur l’aspect créatif, mais sur les bases du marketing. Les talents de la Influx Academy sont choisis pour ce qu’ils ont de rare : un ton, une intuition forte, un potentiel narratif qui ne demande qu’à s’affûter. Ils rejoignent une promotion resserrée, accompagnée pendant un an par les mêmes équipes éditoriales et stratégiques que nos talents établis. À travers ce process, nous les aidons à développer et structurer leur vision éditoriale, comprendre l’économie du contenu, rencontrer les bons partenaires ou encore monétiser sans se dénaturer.
MEDIACOM’ Comment respectez-vous la liberté créative de vos talents auprès des annonceurs ?
Manuel DIAZ Il n’y a pas de débat : la création de contenus n’est pas un format publicitaire. Les annonceurs achètent la capacité des créateurs de contenus à faire du storytelling. Nous ne laissons jamais la marque s’immiscer dans le processus de création des talents. Je trouve d’ailleurs que les annonceurs ont rapidement accepté les règles du jeu. Notre ambition est de créer des partenariats durables, et respectueux, entre nos créateurs et les annonceurs. C’est ainsi que Léo Duff est, par exemple, devenu l’ambassadeur de la marque Dyson.
MEDIACOM’ Comment se porte Influx ?
Manuel DIAZ Influx se porte très bien, nous sommes rentables depuis notre création, en 2018. Nous signons un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros en 2024 et ambitionnons d’atteindre 8 millions d’euros en 2025. Le marché se porte très bien.


