Une audience en référé visant Auchan s’est tenue mardi à Lille, à l’initiative de deux associations accompagnées d’un collectif de juristes, pour tenter d’obtenir la mise en accessibilité des services en ligne du distributeur pour les personnes malvoyantes. La décision est attendue le 14 avril. Initiée par les associations de personnes en situation de handicap visuel apiDV et Droit Pluriel, cette procédure civile compte parmi les premières actions en justice de ce type engagées en Europe dans le secteur privé, souligne le juriste Erwann Robbe, membre du collectif de juristes Intérêt à Agir, qui soutient les deux a s s o c i a t i o n s demanderesses. En juillet, les mêmes associations avaient mis en demeure quatre enseignes de la grande distribution – Auchan, Picard Surgelés, Carrefour et E. Leclerc – de se conformer à leurs obligations légales en matière d’accessibilité numérique. «Ayant constaté l’indifférence des entreprises quant au respect de la loi et des droits des personnes en situation de handicap», les associations ont décidé d’assigner en référé ces quatre enseignes, «afin que la justice fasse cesser une situation jugée discriminatoire», écrivent-elles dans un communiqué. Considérées comme «particulièrement défaillantes en matière d’accessibilité», les quatre distributeurs ont été assignés devant les juridictions compétentes de leurs sièges s o c i a u x . P l u s i e u r s a u d i e n c e s dans ces dossiers ont été reportées depuis le début de l’année. Celle concernant E.Leclerc doit désormais avoir lieu le 5 mai à Créteil. «Le numérique est une source d’autonomie. Quand on ne peut pas faire ses courses seul dans le supermarché, un site internet accessible le permet. Mais quand le site n’est pas accessible, c’est une perte d’autonomie, on perd du temps, on a besoin de quelqu’un pour se faire aider, c’est un poids», explique Pierre Marragou, président de l’association apiDV.


