Plat abordable et calorique à base de riz et de poulet frit popularisé sur les réseaux sociaux, le «crousty» est devenu un phénomène commercial et un produit-phare de la restauration rapide qui éclipse burgers, tacos et kebabs.
«Mmmh, c’est croustillant, c’est épicé! Il y a beaucoup de saveurs, il y a beaucoup de goûts donc je comprends pourquoi les jeunes aiment ce type de restaurants» : en se filmant en train de manger son «crousty» sur TikTok en pleine campagne des municipales, Yann Dubosc, maire LR sortant de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), surfe autant sur un «buzz» viral que sur la déferlante qui inonde le marché français de la restauration rapide.
Krousty Sabaïdi revendique la création en 2012 de ce plat importé de la cuisine asiatique dans la région bordelaise.
En s’installant en septembre à Châtelet-Les Halles dans le centre de Paris, l’enseigne a pu mesurer l’ampleur de popularité du plat aux différentes sauces colorées auprès de la «GenZ», la génération des 16-30 ans.
Annoncée en grande pompe sur les réseaux sociaux, l’inauguration de l’établissement parisien, conçue comme une opération marketing, avec 1.000 menus offerts et la présence d’influenceurs, dépasse très vite les attentes. Et menace de virer à l’émeute: foule immense, débordements, gaz lacrymogène tirés par les forces de l’ordre… L’événement est finalement annulé à la demande de la préfecture de police.
Millions : «On est contents qu’il n’y ait pas eu de gros problèmes, ou de blessés, parce que ça aurait pu dégénérer», raconte Jérémie Dupuy, directeur développement et opérations chez Krousty Sabaïdi. Il reconnaît que l’initiative a généré «un vrai gros coup de projecteur» sur la marque avec «une hausse de la fréquentation» sur le site internet, les restaurants, et dans «les demandes de franchise». «Aujourd’hui, on a 34 points de vente ouverts. Et on a une projection à plus de 70 pour la fin de l’année», ajoute-t-il, indiquant un chiffre d’affaires moyen de 1,1 million d’euros par enseigne. De quoi attiser l’appétit des indépendants, qui renomment leur enseigne de kebabs ou tacos à toute vitesse, et favoriser l’émergence d’une concurrence solide avec les marques Crousty Game, Crousty One… Et surtout Tasty Crousty, qui revendique déjà plus de 40 enseignes en France et cumule les millions de vues à chacune des vidéos d’annonce d’ouverture de ses nouveaux restaurants sur TikTok et Instagram. A coups de références à la pop-culture ou aux jeux-concours pour gagner une PlayStation 5, «les réseaux sociaux sont prédominants dans le succès de ce type de concept» avec à leur tête des entrepreneurs «qui ont compris qu’on ne pouvait plus faire les restaurants comme avant», constate Bernard Boutboul, président du cabinet Gira Conseil, spécialisé dans le marché de la restauration. L’ingrédient majeur de la formule gagnante de ce plat roboratif servi dans une barquette reste son prix abordable, entre 7,50 et 12 euros.


