Chine : le luxe occidental décroche

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Chine : le luxe occidental décroche

 La cessation d’activité, mercredi, dernier de l’enseigne, icône des grands magasins à la française, intervient dans un contexte de morosité économique dans le pays asiatique. Une illustration de plus que les marques de luxe étrangères ont perdu de leur superbe dans une Chine sur laquelle elles comptaient tant dans les années 2010. «Depuis la pandémie, les gens font davantage attention à leur budget et recherchent le côté pratique», affirme Jacqueline Li, présente aux Galeries Lafayette mardi, avant-dernier jour d’ouverture. «On n’est plus dans les excès d’avant, à vouloir absolument un logo qui claque. Du coup, la demande pour le luxe a baissé», ajoute cette responsable des admissions dans une école internationale. Si la consommation de produits de luxe en Europe et aux États-Unis a été portée par l’épargne accumulée pendant la pandémie, les consommateurs chinois sont, eux, devenus plus économes. Les raisons? Le marché immobilier, dans lequel des millions de Chinois avaient placé leurs économies, est en crise, les revenus des classes moyennes stagnent et le chômage des jeunes reste élevé. En 2025, le marché du luxe en Chine a reculé de 3 à 5%, après avoir chuté de 17 à 19% l’année précédente, d’après le cabinet Bain&Company. 

Absolument pas» : Ils ont l’embarras du choix, des applications Taobao ou JD.com aux promotions diffusées en direct sur RedNote (sorte d’Instagram chinois) et Douyin (la version chinoise de TikTok). Aux Galeries Lafayette, alors que des employés remballent des mannequins, Jacqueline Li estime que le magasin avait trop compté sur «le modèle commercial traditionnel, qui existe depuis des décennies en France». «Or la nouvelle génération de Chinois préfère acheter en ligne (…) Beaucoup de gens nés dans les années 1990, 2000 et même 2010 ne se reconnaissent absolument pas dans ce genre de centre commercial», souligne-t-elle. Beaucoup confessent venir uniquement en repérage. «Quand je vois un vêtement qui me plaît en magasin, je regarde immédiatement combien il coûte sur internet», explique Yang Dunqin, 46 ans, venu rendre une dernière visite aux Galeries Lafayette. Avec le temps, le consommateur chinois est devenu «beaucoup plus averti», note Lisa Nan, du Jing Daily. Les jeunes Chinois courent moins après les grandes maisons historiques et préfèrent les boutiques éphémères de vêtements stylés et les jeunes pousses du luxe local. Ils veulent désormais avant tout «montrer leurs goûts personnels», et si vraiment ils achètent du luxe, c’est par affinité réelle et pas «juste pour afficher leur statut», souligne-t-elle. 

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