Les Français replongent en mode «économie de crise»

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Les Français replongent en mode «économie de crise»

Recours aux marques de distributeurs et discounters, limitation des déplacements… A peine remis de l’hyperinflation liée au conflit en Ukraine, les Français ont réagi au «quart de tour» aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, visibles à la pompe mais pas encore en rayons. 

Depuis trois mois et l’envol des prix de l’essence, Erickson Delforge, 21 ans, s’est tourné vers des magasins discount comme Aldi ou Lidl pour faire ses courses, renonçant à certains «produits plaisirs». Fini les «bonbons ou les biscuits»: «je n’achète vraiment que le nécessaire, ce dont j’ai besoin», témoigne cet alternant dans le secteur de la vente, venu ravitailler sa voiture dans une station-service du sud de Lille. Toujours dans la capitale des Flandres, Mélanie Girardot, docteure en physique-chimie de 29 ans, fait «beaucoup plus attention» depuis quelques mois. «Maintenant, je regarde davantage les prix et je fais mes courses au Lidl, alors qu’avant je privilégiais les magasins bio», avance-t-elle. Signe des temps, «le pouvoir d’achat est redevenu la première préoccupation des Français devant la sécurité en mars 2026», affirme Franck Lehuédé, directeur d’études et de recherche au Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), citant une récente enquête de son organisme sur les tendances de consommation. Forts de «l’expérience de 2022-2023», marquée par une inflation alimentaire de 20% en deux ans, les consommateurs ont «réagi très très vite» et se sont mis en «mode défensif», en limitant ou mutualisant leurs déplacements et en redescendant en «gamme» dans leurs achats, poursuit M. Lehuédé. En mars, le patron du groupement Mousquetaires/ I n t e rma c h é indiquait sur BFMTV/RMC assister à «un phénomène de stockage», par ses clients, de produits comme les pâtes, non «par crainte d’une pénurie» mais pour réduire les trajets au supermarché. Les Français ont «dégainé» certains «réflexes au quart de tour», confirme Gaëlle Le Floch, experte grande consommation chez Kantar Worldpanel. Et ce même si l’inflation alimentaire (1,2% en avril, selon l’Insee) reste très loin des niveaux atteints avec la crise d’approvisionnement en matières premières agricole entraînée par la guerre en Ukraine. 

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