Microsoft prépare ses propres modèles d’intelligence artificielle de pointe

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Microsoft prépare ses propres modèles d’intelligence artificielle de pointe

Le géant américain de la tech a profité de sa conférence annuelle pour les développeurs, Microsoft Build, pour lancer MAI-Thinking-1, son premier modèle de «raisonnement», ces IA qui décomposent un problème par étapes avant de répondre. Avec cet outil encore réservé à quelques clients, le laboratoire IA du groupe, profondément remanié en mars, arrive environ un an et demi après les pionniers du secteur, comme OpenAI, Google ou Anthropic. Mais le patron de Microsoft, Satya Nadella, premier investisseur massif de la start-up OpenAI, le dit depuis plusieurs années: il refuse de finir comme IBM, le colosse informatique qui avait soutenu l’essor du créateur de Windows avant d’être supplanté par son poulain dans les années 1980. Pour cela, «il est important que nous soyons autonomes», explique Sophie Lebrecht, une des nouvelles chercheuses de Microsoft AI. Elle vante un modèle de raisonnement construit «de zéro», sans la pratique répandue dans l’industrie de «distiller» (copier) les meilleurs, afin d’avoir des fondations «parfaitement propres, sûres commercialement et de qualité professionnelle». «Il n’y a pas de raccourci vers les modèles de pointe», a-t-elle assuré fin mai lors d’une visite de presse sur le campus Microsoft de la Silicon Valley. Depuis l’an dernier, le groupe n’est plus exclusivement lié à OpenAI et n’a conservé qu’une licence sur sa technologie jusqu’en 2032. Mustafa Suleyman, le patron de Microsoft AI chargé de développer une «superintelligence humaniste», selon la terminologie maison, a aussi présenté mardi d’autres modèles originaux, pour générer des images, transcrire, créer des voix de synthèse et coder. Satya Nadella, dont le groupe mène une compétition acharnée avec Amazon et Google pour l’informatique en ligne, a conclu les deux heures de conférence en promettant aux entreprises «un écosystème bâti autour de vous, contrairement à quelques modèles seulement avides de toutes les données». 

Vague de l’IA «agentique» : Le groupe de Redmond (Washington) a par ailleurs dévoilé un mini-PC à puce Nvidia pour développeurs, le Surface RTX Spark Dev Box, capable de faire tourner des modèles d’IA hors ligne, ainsi qu’une plateforme d’IA dédiée à la recherche scientifique et une nouvelle puce quantique, Majorana 2. Le géant américain a surtout affiché sa volonté de prendre la vague de l’IA dite «agentique», qui a fait passer la technologie du simple robot conversationnel à celui qui agit pour vous. Le groupe a ainsi dévoilé Microsoft Scout, premier d’une série d’assistants «toujours actifs», même ordinateur éteint (préparation des réunions, gestion de l’agenda, rédaction de mails). Réservé encore à un cercle limité, il est basé sur OpenClaw, le logiciel libre dont l’engouement mondial a lancé cette vague fin 2025. Satya Nadella l’avait à l’époque qualifié de «virus», quand toute la Silicon Valley commentait les incidents de sécurité provoqués par ces agents autonomes. Six mois plus tard, son créateur autrichien, Peter Steinberger, était mardi sur scène à San Francisco, sous les applaudissements des développeurs, pour saluer l’intégration d’OpenClaw dans Windows pour les entreprises. 

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