Reech publie les résultats de la 10ème édition de son étude consacrée au marketing d’influence en France. Réalisée auprès de 402 annonceurs et agences actifs sur ce levier, cette enquête, menée en octobre-novembre 2025 en partenariat avec l’ARPP, Snapchat et l’Union des marques, dresse un état des lieux du secteur. L’occasion pour mediaCom’ d’analyser les évolutions du marché et de décrypter les tendances et usages avec Claire Decommer, Deputy Director of Reech Influence Cloud’s Development chez Reech.
MEDIACOM’ Selon les résultats de votre enquête, quel regard portez-vous sur l’impact du marketing d’influence auprès des marques ?
Claire DECOMMER Cette étude apporte deux enseignements principaux. L’influence marketing est désormais un levier installé dans la durée auprès des marques : 83% des professionnels interrogés ont mené au moins une campagne sur les deux dernières années (+9 points) et 36% déclarent avoir intégré l’influence depuis 5 ans ou plus, (+16 points). Le second enseignement est que l’influence marketing est reconnue comme un levier extrêmement performant : 94% des répondants considèrent le marketing d’influence comme un levier performant. Cette conviction se renforce avec l’expérience, atteignant 96% chez les entreprises qui le pratiquent depuis plus de cinq ans. Par ailleurs, l’étude révèle que l’impact du marketing d’influence est particulièrement fort sur le haut du tunnel de conversion (image et visibilité).
MEDIACOM’ Quelles sont les plateformes les plus performantes pour les marques ?
Claire DECOMMER D’après l’étude, Instagram reste le leader indétrônable, utilisé par 91% des marques pour leurs campagnes. C’est une valeur sûre qui conserve sa domination année après année. TikTok est devenu le nouvel incontournable. Utilisé par 64% des marques, il s’installe comme un concurrent sérieux face à Instagram. C’est aussi la plateforme la plus attractive pour l’avenir : 47% des marques qui n’y sont pas encore prévoient de s’y lancer cette année. YouTube complète le podium en consolidant sa 3ème place (utilisé par 44% des marques). À l’inverse, Facebook est en perte de vitesse (tombé à la 4ème place avec 22% d’utilisation), tandis que Snapchat et LinkedIn bénéficient d’une bonne dynamique.
MEDIACOM’ Outre son impact sur la notoriété, le marketing d’influence est-il stratégique pour la génération de ventes ?
Claire DECOMMER Oui, de plus en plus, mais de façon différenciée selon les secteurs. Dans l’étude, 64% des répondants estiment que le marketing d’influence est efficace pour booster les ventes. C’est moins consensuel que les objectifs de notoriété, mais ça reste un niveau élevé, et surtout ça confirme que l’influence se pense désormais plus full-funnel. Et quand nous mettons cela en perspective avec notre étude consommateurs de 2025, on retrouve une preuve très concrète : 75% des Français interrogés déclaraient avoir déjà acheté un produit mis en avant par un créateur.
MEDIACOM’ Certaines marques détectent-elles encore des freins importants vis-à-vis du marketing d’influence ?
Claire DECOMMER Oui, des freins importants subsistent, mais l’étude 2026 révèle une mutation de ces obstacles. Alors que les doutes sur la pertinence du levier s’estompent, les blocages deviennent principalement structurels et internes à l’entreprise. La difficulté à calculer le retour sur investissement reste l’obstacle principal, cité par un répondant sur deux. Cela est toutefois à nuancer, ce n’est plus la performance du levier qui est en cause, mais la capacité à la prouver. De plus, les équipes marketing font face à des résistances croissantes au sein de leur propre structure : 22% des répondants se déclarent bloqués par leur direction, un chiffre qui a plus que doublé depuis 2022.
MEDIACOM’ Les collaborations sont-elles mieux encadrées ?
Claire DECOMMER Oui, les résultats de l’étude montrent clairement que les collaborations se professionnalisent et sont mieux structurées qu’auparavant. Cet encadrement se manifeste à plusieurs niveaux : des cahiers des charges plus étoffés et précis (en moyenne, les cahiers des charges incluent désormais 3,4 points de contrôle, contre 3,1 en 2022) et un équilibre préservé avec la liberté créative. L’encadrement ne signifie pas un verrouillage total : seuls 18% des annonceurs imposent une charte graphique (+7 points) et seuls 16% imposent les visuels précis à utiliser (+4 points).
MEDIACOM’ Le marketing d’influence devient-il un secteur plus responsable ?
Claire DECOMMER Les résultats de l’étude indiquent clairement que le secteur se structure autour de pratiques plus éthiques et responsables. L’adoption massive du Certificat de l’Influence Responsable délivré par l’ARPP confirme cette tendance. Encore confidentiel en 2022, il est devenu un outil désormais connu de 79% des agences et 59% des marques. Ce certificat, qui valide la connaissance du cadre légal et éthique, est perçu très positivement par les professionnels qui y voient un repère nécessaire.


