La résolution portant sur ce renouvellement a été adoptée par 80,21% des voix lors de l’assemblée générale annuelle, a annoncé Laurent Vallée, le secrétaire général du groupe, à l’issue du vote organisé dans l’atmosphére feutrée du siège de Carrefour à Massy, au sud de Paris. Cette reconduction au-delà de 2026 avait été annoncée dès juillet 2025 par le groupe, son conseil d’administration s’étant prononcé «à l’unanimité». «Cette aventure me passionne toujours» autant qu’au «premier jour», a déclaré le dirigeant, à la tête de Carrefour depuis 2017, assurant s’être interrogé sur sa «capacité à conserver cet esprit de combat et d’innovation» exigé des «équipes». C’est avec un «regard à la fois neuf et lucide que je me projette vers Carrefour 2030», a-t-il lancé, en référence à son troisième plan stratégique dévoilé en février. Ce dernier mise notamment sur le frais et l’intelligence artificielle pour permettre au distributeur, deuxième en France derrière E. Leclerc, d’atteindre 25% de parts de marché en 2030. Le groupe pourra compter sur le soutien du PDG de l’armateur CMA CGM, Rodolphe Saadé, et sa famille, entrés l’année dernière à son capital. «Depuis plus de 60 ans, Carrefour a su rester en avance sur les évolutions de son secteur», a d’ailleurs salué dans un message vidéo M. Saadé, dont l’arrivée comme administrateur a été ratifiée à la quasi-unanimité. – «Vigilant» – Le groupe, qui se félicite de la remontée de son cours de bourse (environ 17 euros l’action vendredi, après un plus bas en 30 ans autour de
11 euros en 2025), s’est recentré sur ses trois marchés principaux (France, Espagne, Brésil) tout en s’étendant à l’international via la franchise. «En 2030, nous serons le premier «retailer» (distributeur, NDLR) au monde pour son empreinte géographique, avec une présence dans 60 pays, et le premier +retailer+ en Afrique», a fait valoir M. Bompard. S’il faut rester «vigilant» dans le contexte de guerre au Moyen-Orient, «crise aussi brutale qu’incertaine, les «conséquences sur notre structure de coûts restent à ce stade plus limitées» qu’en 2022 avec avec l’invasion russe de l’Ukraine, a-t-il ajouté. Le distributeur a également engrangé récemment deux victoires sur le plan judiciaire : l’une face à un collectif de de franchisés de Carrefour, soutenu par le gouvernement, l’autre face à la CFDT sur la question de la location-gérance, une variante de la franchise dans laquelle le distributeur garde la propriété du fonds de commerce. Le syndicat s’y oppose, dénonçant un «plan social déguisé», quand la direction invoque un moyen d’éviter de fermer des magasins en difficulté.


