Casino face à un ultimatum sur sa dette

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Casino face à un ultimatum sur sa dette

Passé sous le contrôle du milliardaire tchèque en 2024 après des années de pertes et de surendettement, Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Cdiscount, etc.) doit rembourser 1,4 milliard d’euros en mars 2027. Un montant qu’il souhaite largement réduire, via d’âpres négociations entamées il y a sept mois. La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 milliards d’euros lors d’une première restructuration il y a deux ans, qui s’était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri, la vente des supermarchés et hypermarchés du groupe, et 2.200 licenciements. Mais elle a de nouveau gonflé depuis. «Nous avons tous investi sur des hypothèses qui se sont avérées loin de la réalité», justifiait en mai Daniel Kretinsky, dans une interview au Figaro. «La valorisation du groupe et le montant de la dette ne sont donc pas soutenables», avait-il ajouté, appelant les créanciers, essentiellement des fonds anglo-saxons, à se comporter «de manière responsable». – 

«Pas menacé» : Initialement, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par M. Kretinsky et actionnaire principal de Casino à hauteur de 53%, proposait une augmentation de capital, de 300 millions d’euros, en échange d’une dette contenue à 800 millions d’euros (soit un abandon de 600 millions d’euros de créances), un abaissement du taux d’intérêt de 9% (équivalent à 126 millions d’euros par an) à 6%, une échéance repoussée et un contrôle actionnarial renforcé. Mais face à l’effort demandé, les créanciers ont fait valoir qu’ils n’avaient pas besoin de Daniel Kretinsky pour apporter de l’argent frais à la société et en prendre les manettes, réclamant une part de capital plus importante. Dans sa dernière proposition rendue publique fin mars, FRH a proposé de réinjecter 390 millions d’euros, contre une dette contenue à 850 millions d’euros, et un contrôle actionnarial de 54%, pouvant aller jusqu’à 62,6%, contre 21,6% à 30,2% pour les créanciers. Aucune des parties n’a souhaité commenter les négociations en cours, censées s’achever le 30 juin. Accord ou non, «le groupe n’est pas menacé», assure M. Kretinsky : «il est prospère, stable et soutenu par ses banques partenaires. Son bilan sera rééquilibré soit par un accord soit par une décision du tribunal» des activités économiques de Paris. Comme la restructuration de la dette implique une modification du plan de sauvegarde validé en 2024 par le tribunal des activités économiques de Paris, ce dernier interviendra dans tous les cas, explique une personne au fait du dossier. 

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