Le conseil d’administration rejette l’offre de rachat de Veolia

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Le conseil d’administration de Suez a récusé vendredi l’offre de rachat de son concurrent Veolia, en estimant que le prix proposé n’était «pas satisfaisant» et que le projet «impacterait négativement la valeur de Suez», alors que le groupe a publié des résultats annuels marqués par une nette reprise au second semestre. 

Le conseil a décidé à l’unanimité que «les conditions n’étaient pas réunies pour accueillir favorablement» le projet de Veolia, a-t-il indiqué dans un communiqué, alors que les deux groupes sont lancés dans une guérilla 

judiciaire sur ce projet d’OPA hostile. 

Alors que Veolia veut créer un «champion mondial», le conseil a répliqué que «la course à la taille n’apport(ait) pas de bénéfice déterminant dans les métiers de services essentiels». 

Sur l’année 2020, le chiffre d’affaires s’établit à 17,2 milliards d’euros, en repli de 4,5% (et de 2,6% en comparable), pénalisé par la crise sanitaire. 

Le groupe Suez avait déjà fait savoir fin janvier qu’il dépasserait ses objectifs du second semestre, mais les résultats définitifs sont au-dessus de ces estimations, avec notamment un bénéfice opérationnel de 704 millions 

d’euros (contre une estimation précédente entre 670 et 680 millions d’euros). 

Pour le conseil d’administration, «les résultats 2020 de la société (…) confirment que le prix de l’action Suez proposé par Veolia, et payable au plus tôt en mai 2022, n’est pas satisfaisant». 

Le conseil a donné plusieurs raisons, notamment que «la valeur intrinsèque de Suez reste bien supérieure au prix proposé» et que l’environnement économique s’est fortement amélioré depuis l’achat par Veolia de la part d’Engie dans Suez. 

Il relève aussi que le prix de 18 euros proposé par Veolia «ne prend pas en compte les synergies» mises en avant. 

Les administrateurs ont parallèlement réitéré leur «souhait de parvenir à une solution négociée et agréée entre Suez et Veolia». «Si (le PDG de Veolia) Antoine Frérot a des propositions à faire (…) bien entendu, il a mon numéro de téléphone, et le conseil étudiera ses propositions», a déclaré le président du conseil Philippe Varin, lors d’un point de presse. 

Mais le conseil d’administration a aussi prévenu qu’il prendrait «toute mesure utile pour s’assurer que Veolia n’impose pas ses propres intérêts lors de l’assemblée générale des actionnaires de Suez». 

Interrogé lors d’une conférence téléphonique, le directeur général de Suez, Bertrand Camus, a expliqué que le «but principal est de s’assurer que l’ensemble des règles soient respectées et que l’ensemble de nos actionnaires minoritaires (…) soient défendus, leurs intérêts préservés» et «qu’il n’y ait pas de prise de contrôle rampante de Veolia». 

Mais le patron de Veolia, jeudi, était resté sûr de lui. «Ce projet avance exactement comme nous l’avions souhaité», a-t-il assuré. «Nous avons levé et nous levons de manière accélérée depuis un mois tous les obstacles juridiques qui avaient été dressés sur la route de ce projet.» 

Antoine Frérot a même dit prévoir un feu vert des autorités de la concurrence «d’ici 7 à 13 mois».