Longtemps considérés comme des amateurs publiant des vidéos en ligne, les créateurs de contenus sont devenus en quelques années un acteur majeur de l’économie des médias. De YouTube à TikTok en passant par Twitch ou Instagram, ces nouvelles figures de l’information et du divertissement ont construit un écosystème capable de rivaliser avec celui des médias traditionnels. La puissance des plateformes explique en grande partie cette transformation. YouTube revendique aujourd’hui plus de 2,5 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, offrant à certains créateurs une audience comparable à celle de grandes chaînes de télévision. Grâce aux revenus publicitaires, aux partenariats avec les marques, aux abonnements ou à la vente de produits, nombre d’entre eux sont devenus de véritables entreprises médiatiques. Cette évolution bouleverse la concurrence dans le secteur. Pour toucher les publics les plus jeunes, les groupes audiovisuels et les éditeurs de presse doivent désormais rivaliser avec des créateurs capables de produire des formats courts, incarnés et adaptés aux logiques des algorithmes. Les marques, de leur côté, consacrent une part croissante de leurs budgets publicitaires à ces nouvelles figures jugées plus proches de leurs communautés. L’essor de l’économie des créateurs apparaît ainsi comme une transformation durable du paysage médiatique. Les plateformes sont devenues des infrastructures de diffusion, les créateurs de nouveaux éditeurs, et l’attention du public la ressource la plus convoitée. Pour les médias traditionnels, l’enjeu n’est plus seulement de résister à cette mutation, mais de trouver leur place dans cet écosystème en pleine recomposition.


