Kantar a publié la première édition 2026 de son baromètre «L’adoption de l’IA dans les foyers français». L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer les différents enseignements du rapport et la place de l’IA dans le quotidien des Français avec Monique KIM-GALLAS, Marketing and Commercial Development Director de Kantar.
MEDIACOM’ Selon votre étude, les Français connaissent-ils majoritairement la notion et les outils d’IA générative ?
Monique KIM-GALLAS Oui, très largement. Selon notre baromètre, 92% des Français connaissent au moins un outil d’IA générative. L’intelligence artificielle n’est donc plus perçue comme une technologie émergente, mais comme un outil désormais intégré dans la culture numérique des foyers. Cette connaissance massive s’accompagne également d’une progression de l’usage : 64% utilisent au moins un outil d’IA, + 5 points vs octobre 2025. L’adoption des agents d’IA, qui suppose une maîtrise plus avancée de la technologie, augmente : 22% des utilisateurs d’IA les utilisent aujourd’hui, soit une progression de 3 points.
MEDIACOM’ Remarquez-vous des différences selon les profils de la population ?
Monique KIM-GALLAS Oui, des différences significatives apparaissent selon l’âge. Les moins de 35 ans utilisent davantage l’IA. Ils sont plus nombreux à cliquer sur des liens marchands d’IA (31% vs 11% pour les plus de 50 ans). Ils sont plus nombreux à utiliser l’IA côté coeur (32% des moins 35 ans ont eu l’intention d’utiliser l’IA pour préparer la St Valentin contre 18% chez les 50-64 ans et 7% chez les 65 ans +) ou à utiliser l’IA comme conseiller en amour (respectivement 32% vs 23% au global) et sont aussi plus nombreux à voir le côté positif de l’IA dans les relations amoureuses (21% vs 13% au global). Les hommes et les femmes, en revanche, présentent des comportements globalement similaires, ce qui distingue l’IA d’autres technologies historiquement plus genrées.
MEDIACOM’ Quelles sont les autres différences observées ?
Monique KIM-GALLAS Les différences observées restent limitées et portent surtout sur certains usages spécifiques : l’aide à la programmation ou à l’utilisation d’outils (48% des hommes utilisateurs contre 33% des femmes), la retouche ou la création de contenus (58% contre 47%), l’aide sur l’activité professionnelle, sur un problème à régler, une décision à prendre (53% contre 39%) et, dans une moindre mesure, l’usage d’agents IA, encore émergent (26% des utilisateurs masculins contre 18% des utilisatrices). La catégorie socioprofessionnelle n’apparaît pas comme un critère réellement segmentant. Un écart à noter : les PCS+ vérifient plus «systématiquement» les informations fournies par l’IA que les autres catégories : 24%, contre 9% pour les PCS− et 15% pour les inactifs.
MEDIACOM’ Dans le parcours d’achat, l’IA devient-elle un pilier important ?
Monique KIM-GALLAS Elle commence clairement à jouer un rôle concret. 18% des utilisateurs ont cliqué sur un lien marchand proposé par une IA au cours des 30 derniers jours (cette proportion est plus élevée auprès des plus jeunes). Les catégories les plus présentes dans le parcours d’achat sont : voyages (26% achat ou intention d’achat auprès des utilisateurs d’IA), électronique / high‑tech (25%), bricolage / travaux (25%) santé physique (24%), Hôtel/ hébergement (23%). L’IA n’est pas encore un canal d’achat majeur, mais elle devient un véritable outil de préparation et d’optimisation (39% comparent les prix et avis après avoir demandé un conseil sur un achat futur à l’IA), s’intégrant progressivement dans le parcours d’achat. À noter que lorsqu’ils s’adressent à l’IA pour un projet d’achat, 43% précisent la marque dans leur prompt.
MEDIACOM’ Qu’en est-il de l’usage de l’intelligence artificielle par les plus jeunes ?
Monique KIM-GALLAS L’adoption chez les jeunes est très forte et intervient tôt et les parents ne l’interdisent pas, bien au contraire: 1 collégien sur 2 et 6 lycéens sur 10 utilisent déjà l’IA,. Chez les 6 – 10 ans, les parents restent partagés : 27% encouragent l’usage, 31% l’interdisent.
MEDIACOM’ Les Français ont-ils confiance dans les éléments donnés par l’IA ?
Monique KIM-GALLAS Pour les marques, leur visibilité dans les IA doit aller de pair avec la confiance : les consommateurs continuent de comparer et de vérifier fréquemment les informations. La confiance grandit mais reste accompagnée d’une vigilance active, ce qui est typique d’une technologie en cours d’appropriation. La note moyenne de confiance est de 6,6 / 10 (quel que soit l’âge des répondants). Plus d’un utilisateur sur deux déclare vérifier «systématiquement ou souvent» les informations fournies par l’IA. Les inquiétudes diminuent sur trois dimensions clés : suppression d’emplois dans certains secteurs (39% de note 1-2 sur 6, -4pts vs la précédente mesure), fake news (31% , -7pts), perte d’esprit critique (34%, -3pts). En résumé, à l’ère des réponses IA, comprendre les usages réels devient essentiel : le double enjeu pour les marques consiste à renforcer leur visibilité et à construire durablement la confiance.


