Réseaux sociaux : plus 1/4 des maires disent avoir subi des attaques en ligne

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Réseaux sociaux : plus 1/4 des maires disent avoir subi des attaques en ligne
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Les réseaux sociaux sont devenus un outil de communication incontournable pour les maires, mais aussi une nouvelle source d’attaques et menaces pour plus d’un quart d’entre eux, selon une étude de l’association des maires de France et du Cevipof publiée jeudi. 

Parmi les 3.774 maires qui ont répondu à l’enquête envoyée en octobre 2025 par le Cevipof, 28% déclarent avoir subi au moins une attaque sur les réseaux sociaux l’année dernière, contre 20% en 2020. 

Pour Olivier Costa, directeur de recherche CNRS au Cevipof et co-auteur de l’étude, ce chiffre est «très sous-estimé». «Déjà dans la vraie vie, les maires subissent plus d’attaques, et sur les réseaux sociaux, il n’y a quasiment aucune discussion qui ne se finisse pas en insultes ou attaques», explique-t-il. 

Pour lui les maires qui ne rapportent pas d’attaque en ligne «n’ont pas regardé» les commentaires à leurs publications ou «n’y sont pas présents». «Sur les réseaux sociaux règnent souvent les demi-vérités, la mauvaise foi, les prises de position simplistes, le langage fleuri, les attaques gratuites», souligne l’étude, qui ajoute que «l’absence d’interaction physique, l’anonymat et le sentiment d’impunité amplifient ces phénomènes». 

Sur internet, se retranscrit aussi l’augmentation des violences contre les élus municipaux. 

En 2025, 65% des maires déclarent avoir subi des incivilités, contre 53% en 2020, et 36% des injures ou des insultes, contre 29% en 2020. 

En écumant les discussions sur les pages et groupes utilisés par les élus municipaux ou les candidats d’opposition, il a été «frappé par la vitesse avec laquelle les choses dérivent». 

La simple publication d’un programme en vue des municipales ou de la liste des colistiers candidats donne lieu à «une litanie de commentaires agressifs», raconte le chercheur. 

Impossible pourtant de faire l’impasse sur ce canal de communication, source d’informations de «beaucoup de citoyens» et aussi très utilisé par l’opposition pour «créer du débat et de la polémique», rappelle M. Costa. 

Il observe aussi que des groupes ou pages d’échanges sur la vie d’une commune se retrouvent «instrumentalisés à des fins politiques» et touchent donc «un public très vaste qui ne suit pas la politique habituellement». 

Le risque de «mauvais buzz» décourage certains édiles, cloués au pilori dès qu’ils sortent de l’exemplarité attendue. 

L’association des maires de France appelle à mieux former les édiles aux réseaux sociaux et à rappeler aux citoyens les règles qui s’y appliquent. 

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