Starbucks en Corée : une campagne pilotée par l’IA déclenche un tollé et plombe les ventes

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Starbucks en Corée : une campagne pilotée par l’IA déclenche un tollé et plombe les ventes

Après une semaine d’appels au boycott et d’émoi populaire, le groupe Shinsegae qui exploite la marque américaine Starbucks sous licence faisait état mardi d’un «fort repli des ventes». La polémique est née d’une promotion locale présentant le jour férié du 18 mai comme le «Tank Day» afin de vanter des gobelets réutilisables. Cet intitulé a suscité une vive indignation, car évoquant les véhicules militaires utilisés contre des manifestants prodémocratie à Gwangju (sud-ouest), le jour anniversaire du soulèvement. Au moins des centaines de personnes y avaient été tuées par l’armée. «Les employés concernés ont déclaré avoir demandé des suggestions à l’IA et la date anniversaire ne leur a jamais effleuré l’esprit», a déclaré à la presse Jeon Sang-jin, cadre chez Shinsegae, sans préciser si la formulation «Tank Day» avait été avancée par l’IA. Ces employés «assurent n’avoir réalisé le caractère potentiellement problématique de la campagne qu’après la vive réaction du public», a-t-il ajouté. «L’enquête a aussi révélé que certains des sept responsables ayant approuvé la campagne l’avaient validée par simple formalité, sans ouvrir la pièce-jointe» et pour accélérer le processus, «la procédure d’examen du service juridique a été négligée», a-t-il poursuivi. «Cet incident (…) a mis en lumière un manque de sensibilité sociale et historique au sein de Starbucks Corée», a conclu le responsable. La police est chargée d’une investigation distincte. Détail aggravant: la publicité accompagnant la campagne invitait à poser le gobelet Starbucks «sur la table avec un (bruit) Tak!», phrase évoquant un commentaire de la police après la mort sous la torture d’un militant Park Jong-chul en 1987, autre trauma national. La police, pour se justifier, avait affirmé qu’il avait heurté un bureau en faisant «Tak». 

«Manoeuvre lucrative» : Le président sud-coréen Lee Jae Myung s’était rapidement indigné d’une campagne «tournant en dérision» les militants pro-démocratiques, se disant «révolté par cette conduite inhumaine et honteuse, manoeuvre lucrative qui bafoue les droits humains fondamentaux et la démocratie». A l’unisson du Parti démocrate (centre-gauche) au pouvoir, syndicats et personnalités publiques ont exprimé leur colère. Des ministères et des syndicats représentant les fonctionnaires ont annoncé le boycott des produits Starbucks lors de leurs événements. Le ministère de la Défense a également suspendu un projet de partenariat avec Starbucks, selon l’agence Yonhap. Un syndicat de livreurs a déclaré qu’il refuserait les livraisons liées à l’entreprise, et des vidéos de consommateurs brisant leurs mugs de la marque ont été publiées en ligne tandis que la fréquentation des cafés fondait. 

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