«Toy Story 5» : Pixar s’attaque à l’addiction aux écrans

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«Toy Story 5» : Pixar s’attaque à l’addiction aux écrans

Les jouets ont-ils encore leur place à l’ère des écrans et des jeux vidéo ? Dans « Toy Story 5 », Buzz l’Eclair, Woody et la cow-girl Jessie sont confrontés à ce nouveau fléau, qui menace d’anéantir l’imaginaire créatif des enfants. Après avoir déjà effleuré le sujet dans « Toy Story 4 », les équipes de Pixar ont voulu mettre le thème de la technologie et de sa place grandissante au coeur du récit de ce nouvel opus, en salle mercredi en France. « Beaucoup de parents, comme dans le film, se disent «mon enfant prend du retard par rapport aux autres et je dois l’initier aux nouvellestechnologies». Et je pense qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de questions à ce sujet. Peut-être qu’on devrait ralentir », a déclaré le directeur créatif des studios Pixar, Pete Docter. Dans ce cinquième volet, Bonnie est une petite fille à l’imagination débordante, mais qui peine à se faire des amis. Jessie, son jouet préféré, a pris les rênes dans la chambre depuis le départ de Woody, parti s’occuper de jouets abandonnés pour les aider à trouver une deuxième vie.

Super-pouvoir : Secondée par son shérif adjoint Buzz l’Eclair et les autres jouets, elle se donne pour mission d’aider Bonnie à se faire de nouveaux amis. Jusqu’au jour où débarque Lilypad, un écran interactif sur lequel Bonnie peut jouer et converser avec les camarades de son cours de danse. Bonnie se détourne alors de ses vieux jouets et voit son imagination se tarir. « Nous sommes la seule espèce capable d’imaginer quelque chose qui n’est pas juste devant nous. D’une certaine manière, nous le gaspillons. L’attention est probablement la chose la plus rare dont nous disposons, et nous aurions tout intérêt à en être un peu plus conscients », avance Pete Docter. Il raconte avoir développé sa créativité lors des longs concerts ennuyeux à l’église dans son enfance, qui l’ont obligé à se mettre au dessin et à imaginer des histoires. Le film part aussi d’un « désir de rappeler à tout le monde le super-pouvoir auquel nous avons accès grâce à notre imagination. C’est magique, vous ne vous rappelez peut-être pas que vous y avez accès, mais c’est le cas », affirme la productrice du film, Lindsey Collins. Dans « Toy Story 5 », les enfants sont tous hypnotisés par la lumière bleue de leurs tablettes, aux côtés d’adultes esclaves de leurs téléphones ou happés par une réunion en visioconférence.

Temps qui passe : « Nous sommes tous en difficulté avec ce phénomène », assure Lindsey Collins, elle-même fatiguée de son téléphone. « Laisser entendre que les parents auraient les réponses, (…) ça n’a aucun sens. Il n’y a absolument aucune preuve qu’une génération ait réussi à résoudre ce problème », poursuit-elle. Dans le film, Jessie et son fidèle destrier Pile-Poile embarquent dans une aventure qui va les emmener chez une autre petite fille, Blaze, à la rencontre de jouets technologiques anciens remisés dans le fond d’un placard et qui vont l’aider à arracher Bonnie à l’addiction aux écrans. L’occasion pour les créateurs d’introduire de nouveaux personnages comme un vieil appareil photo numérique pour enfant (Snappy) ou un jouet technologique en forme de papier toilette pour apprendre la propreté (Rouleau Pote). « La durée de vie (de ces jouets) est encore plus courte que celle des autres », explique Lindsey Collins. « Ca évolue tellement vite que tout devient dépassé très rapidement » avec l’apparition d’appareils capables de tout faire à la fois, ajoute-t-elle. Comme dans les précédents opus, le film s’adresse autant aux enfants qu’auxadultes, avec la question de l’abandon et de la fin de l’enfance au centre du récit. « Le temps s’écoule, nos enfants grandissent, le temps qu’il nous reste se raccourcit. Toutes ces choses auxquelles les jouets pensent, nous y pensons aussi », conclut Pete Docter.

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