Le sixième distributeur alimentaire de France, selon Kantar Worldpanel, n’a pas précisé les raisons du départ de M. Scally, «effectif» dès vendredi, selon l’Unsa Lidl, syndicat majoritaire. Son successeur, Marin Dokozic, ancien président de Lidl Allemagne, «continuera de mettre en oeuvre la stratégie» de croissance et d’expansion du groupe en France, a commenté la direction, qui vise 10% de part de marché à horizon 2030 contre environ 8% aujourd’hui, et veut passer de 1.630 à 2.000 supermarchés. Chez les syndicats, informés vendredi matin, «on ne s’y attendait pas du tout», a assuré Mohamed Sylla, secrétaire général d’Unsa Lidl, rappelant que John Paul Scally «s’était inscrit dans la pérennité». «On a arrêté de perdre de l’argent» mais il n’a pas réussi «à mettre en place un dynamique sociale solide», estime le syndicaliste, pour qui les salariés ne voient pas «le résultat» de leurs «efforts». «C’est une surprise pour tout le monde», a abondé Sabine Pruvost, déléguée syndicale centrale FO, estimant que les changements de gouvernance commencent à «être fatigants».
«Image» sur les «prix» – Après avoir longtemps dirigé la filiale irlandaise du groupe, John Paul Scally avait pris en août 2024 la présidence de Lidl France avec l’ambition de faire renouer l’enseigne avec son «image» sur les «prix», au terme de plusieurs années compliquées. Son arrivée s’était accompagnée de la rétrogradation, comme vice-président, du médiatique Michel Biero, parti en 2025 après avoir porté une stratégie de montée en gamme et de bonne entente avec le monde agricole, dont l’enseigne a profité jusqu’à 2022 et la guerre en Ukraine. De manière contre-intuitive, le discounter a perdu des parts de marché pendant la période de forte inflation liée au conflit, au profit notamment du leader français E. Leclerc, a expliqué Gaëlle Le Floch, experte grande consommation chez Kantar Worldpanel. En cause, son modèle reposant quasi exclusivement sur ses marques propres, et des prix constitués en majorité de celui des matières premières, dont les cours ont flambé après 2022, selon Mme Le Floch. Ce qui a entraîné des hausses de prix plus rapides chez Lidl que chez les enseignes généralistes concurrentes, expliquant le «passage à vide» des années 2023-2024.


