Après des années de ralentissement, les ventes des poids lourds du luxe sont reparties à la hausse au premier semestre, portées notamment par les États-Unis et un léger mieux en Chine, sans toutefois retrouver le faste de la période post-Covid.
LVMH a ainsi annoncé un chiffre d’affaires semestriel en hausse de 2% à données comparables, avec une accélération au deuxième trimestre. Hermès affiche une progression de plus de 6% de ses ventes hors effet de change, avec là aussi une amélioration au deuxième trimestre. Kering, fragilisé ces dernières années par la perte d’attractivité de Gucci, a également renoué avec une légère croissance au deuxième trimestre, une première depuis deux ans, faisant bondir son action en Bourse. Malgré les tensions au Moyen-Orient, les consommateurs semblent retrouver progressivement le chemin des boutiques. Selon Bain & Company, le marché du luxe a perdu 20 millions de clients entre 2024 et 2025, après en avoir déjà laissé échapper 50 millions les années précédentes. En cause notamment : les fortes hausses de prix, les interrogations sur la qualité des produits et le ralentissement du marché chinois. Pour retrouver la croissance, les groupes ont notamment profité des bons résultats aux États- Unis, soutenus par la bonne tenue des marchés financiers et la création de richesse chez les consommateurs aisés. Ils cherchent aussi à reconquérir leur clientèle dite « aspirationnelle », qui n’appartient pas aux ultra-riches mais reste essentielle aux volumes de ventes. «Les entreprises qui sont en mesure d’engager la clientèle de la classe moyenne, la clientèle aspirationnelle, sont en train de mieux faire », souligne Luca Solca, spécialiste du secteur chez Bernstein. Il évoque de nombreux « orphelins du luxe », des consommateurs qui ont toujours envie d’acheter mais n’en ont plus nécessairement les moyens. Les changements de directions artistiques commencent également à porter leurs fruits. Chez LVMH, l’accélération enregistrée au deuxième trimestre est notamment attribuée au succès des premières créations de Jonathan Anderson pour Christian Dior. Michael Rider chez Celine, Sarah Burton chez Givenchy ou Maria Grazia Chiuri chez Fendi incarnent également ce renouvellement. «La mode se redresse par le renouveau créatif mené par une génération de nouveaux directeurs artistiques», estime Christophe Caïs, dirigeant du cabinet CXG. Selon lui, les maisons reviennent à leurs fondamentaux: «produit, création, expérience». La Chine montre parallèlement quelques signes d’amélioration, sans retrouver son rôle de moteur.


