LVMH : les dirigeants vont renoncer à une partie de leur salaire

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Les dirigeants de LVMH, dont Bernard Arnault, vont renoncer à une partie de leur salaire face à la crise liée au coronavirus, qui représente une «situation sans précédent» et aura un impact sur l’ensemble de l’exercice malgré un début de reprise en Chine. 

force de ses marques, LVMH témoigne d’une bonne capacité de résistance face à cette crise qui frappe le monde», a estimé le PDG Bernard Arnault dans un communiqué jeudi, lors de la publication des ventes de janvier à mars. Le chiffre d’affaires trimestriel recule de 15% à 10,6 milliards d’euros (-17% en organique). Dès fin mars, le numéro un mondial du luxe et ses 75 «maisons» (Louis Vuitton, Dior, Guerlain, Fendi, Dom Pérignon ou encore Bulgari) avait dit tabler sur un recul de 10% à 20% au premier trimestre. La Mode et Maroquinerie, sa division-phare, voit ses ventes se replier de 10% en organique. Celles des Vins et Spiritueux baissent de 14%, la 

Distribution Sélective (Sephora, DFS) recule de 26%, tout comme les Montres et la Joaillerie. «Les fermetures de sites de production et de magasins dans la plupart des pays du monde pendant le premier semestre auront un impact sur les ventes et les résultats annuels», qui ne peut être encore évalué, indique LVMH. «On ne peut qu’espérer que la reprise se fasse graduellement à partir des mois de mai ou juin après un second trimestre qui devrait être encore très affecté par la crise, en particulier en Europe et aux États-Unis», prévient le groupe, qui emploie 163.300 salariés dans le monde et détient quelque 4.900 boutiques. L’impact de la pandémie s’est fait sentir en plusieurs temps: les achats faits en Chine et ceux effectués par des Chinois à l’étranger ont été affectés dès fin janvier; la consommation en Europe et aux États-Unis a été sévèrement touchée à partir de la mi-mars. 

Réouverture des magasins en Chine: Concernant l’Asie (hors Japon) où LVMH a réalisé l’an dernier 30% de ses ventes, le directeur financier Jean- Jacques Guiony a évoqué la Chine où est constatée une «amélioration significative de la situation avec la réouverture progressive des magasins». «La plupart des grandes marques sont redevenues +positives+ à partir de la mi-mars. Il y a un appétit des Chinois après deux mois de confinement», a-t-il détaillé lors d’une conférence téléphonique. A titre d’exemple, Louis Vuitton, mastodonte de LVMH et première marque de luxe au monde, a enregistré en Chine continentale «une croissance d’environ 50%, par rapport à la même période l’an dernier, depuis que les boutiques ont rouvert» il y a environ trois semaines, a précisé le groupe. Si aucune perspective chiffrée n’est donnée pour l’exercice en cours, Bernard Arnault estime qu’il s’agit «non seulement de surmonter cette crise mais, surtout, d’être encore plus performants lorsqu’elle s’estompera».Face à cette situation, le PDG et «chacun des autres administrateurs exerçant des fonctions exécutives» – Antonio Belloni, Nicolas Bazire, Sidney Toledano, Delphine Arnault et Antoine Arnault – ont décidé de «renoncer à leur rémunération pour les mois d’avril et mai 2020, ainsi qu’à toute rémunération variable au titre de l’année 2020». Concernant M. Arnault – première fortune de France et troisième mondiale selon le classement Forbes – le montant de son salaire brut variable ne sera fixé qu’au terme de l’exercice en cours, mais à titre de comparaison, celui qui sera soumis au vote des actionnaires le 30 juin au titre de 2019 s’élève à 2,2 millions d’euros.