TF1/M6 : l’Autorité de la Concurrence se prépare pour réaliser à la rentrée l’examen d’une telle fusion

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L’Autorité de la Concurrence qui va avoir à autoriser ou non la fusion entre TF1 et M6 se prépare pour réaliser à la rentrée l’examen détaillé des conséquences de concurrence qu’une telle opération entraînerait, a indiqué jeudi sa présidente Isabelle De Silva. 

«Nous sommes en train de préparer le test de marché qui sera réalisé à la rentrée, et qui visera à tirer au clair quelques grands sujets» comme les impacts de la fusion sur «le marché de la publicité», «le marché des droits d’acquisition et de production dans les programmes audiovisuels et sportifs», 

et «un certain nombre d’autres sujets dont la distribution des programmes télévisés sur un certain nombre de supports», a déclaré Mme De Silva. 

Ce dossier fait pour nous «l’objet d’un plan très détaillé d’analyse et de méthode», car il y a «un certain nombre d’éléments de complexité», notamment le fait que le CSA mène lui aussi une instruction parallèle, a également 

indiqué Mme De Silva, qui présentait jeudi le rapport d’activité 2020 de l’Autorité. 

Le CSA devra se prononcer en effet sur le renouvellement des autorisations d’émettre de TF1 et de M6, qui viennent à échéance en 2023, a-t-elle rappelé. 

Le projet de fusion de TF1 et de M6 suscite de grandes inquiétudes chez beaucoup d’acteurs de la production audiovisuelle et de la publicité, du fait 

du poids très important qu’aura le nouvel acteur sur le marché français. 

Le mariage de la première et de la troisième chaîne du paysage audiovisuel 

français ferait en effet émerger un ac 

teur géant de la télévision, dépassant France TV avec plus de 30% de part d’audience, et représentant les trois quarts du marché publicitaire sur ce média. 

Mais TF1 et M6 justifient leur projet par la nécessité de faire face à la concurrence internationale, et notamment de celle des grands acteurs mondiaux d’internet. 

L’une des clefs dans la réflexion de l’Autorité de la concurrence sera la définition du «marché pertinent» pour examiner les conséquences concurrentielles de la fusion. 

L’Autorité devra ainsi décider si elle ne considère que le marché de la publicité télévisuelle, ou si elle prend en 

compte également le marché de la publicité en ligne. 

Mme De Silva s’est refusée à tout commentaire sur le «marché pertinent» qui sera in fine retenu.