Pierre BELLEFLEUR (La Chose) : «La communication peut être un vecteur de lien social»

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Pierre BELLEFLEUR (La Chose) : «La communication peut être un vecteur de lien social»

L’agence La Chose ouvre un nouveau chapitre avec la nomination d’un nouveau Directeur général : Pierre BELLEFLEUR. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer sa feuille de route et les projets à venir.

MEDIACOM Vous devenez Directeur général de La Chose, quel est votre parcours ? 

Pierre BELLEFLEUR J’ai commencé à La Chose, au planning stratégique et au new business. Ensuite j’ai cofondé STRIKE, que j’ai dirigée pendant sept ans. C’était une école d’entrepreneuriat intense. On a gagné des clients, construit une équipe, géré l’incertitude, et continué à produire un travail exigeant qui a été beaucoup récompensé. Et aujourd’hui je reviens à La Chose. C’est une évidence. C’est ici que j’ai appris à aimer la publicité.

MEDIACOM Comment se compose le portefeuille client de La Chose ? 

Pierre BELLEFLEUR La Chose travaille avec des marques qui ont quelque chose à dire, et le courage de le dire. On a annoncé récemment plusieurs gains, dont Radio Nova, A-Derma, 30 millions d’amis, Orchestra, Floa, les Inrocks, le laboratoire Mayoly… Des univers très différents. Ce qui les rassemble ? Aucun d’eux ne nous a demandé de faire comme tout le monde.

MEDIACOM En tant que DG, quelles sont les grandes lignes de votre feuille de route ? 

Pierre BELLEFLEUR L’organisation a été restructurée depuis 18 mois par Antoine (DC), Morgane (DGA) et Alain (DAF). Le travail de fond a été fait. Mon rôle maintenant, c’est d’accélérer : la croissance commerciale, l’ambition créative, et instaurer une vraie culture entrepreneuriale. Celle qui fait qu’on ne subit pas le marché mais qu’on l’anticipe.
De mon côté, j’ai toujours pensé que la sémiologie d’une marque était indissociable de son utilité sociale, qu’une marque forte est une marque qui produit du sens autant que de la valeur. Je veux construire une agence qui soit à la hauteur de cette exigence. La Chose est certifiée RSE, et engagée sur les grands enjeux contemporains. C’est une axiologie. Et je veux qu’on aille plus loin : que nos idées participent à la transition, qu’elles refusent l’hégémonie du repli identitaire, qu’elles contribuent à une société plus ouverte. Dans une agence indépendante, on a cette liberté-là. Autant en faire quelque chose.

MEDIACOM Le marché se standardise, les budgets se resserrent… Comment répondre aux clients tout en gardant la créativité au cœur du message ? 

Pierre BELLEFLEUR C’est exactement dans ce contexte que les indépendants ont leur carte à jouer. Les gros réseaux livrent des solutions rassurantes parce que c’est leur modèle. Nous, on peut prendre des risques, parce qu’on n’a pas d’actionnaires à ménager et à protéger. On a des convictions. Et en ce moment, ça compte. Le monde se tend et se polarise. Face à ça, une marque capable de produire un narratif cohérent et incarné, pas seulement dans une logique performative, c’est rare et précieux. Je crois que la communication peut être un vecteur de lien social et un antidote à la désintermédiation du sens. C’est un rôle qu’on prend au sérieux. La Chose est une maison française et libre, qui ne rend de comptes qu’à ses clients et à ses idées. Et dans un monde où l’homogénéisation culturelle coexiste paradoxalement avec une fragmentation identitaire croissante, cette liberté-là vaut de l’or.

MEDIACOM Chez La Chose, les outils IA sont-ils un moyen d’accélérer les projets et les idées ? 

Pierre BELLEFLEUR Évidemment, on utilise l’IA pour créer, retoucher, animer, produire des campagnes qu’on n’aurait jamais pu financer autrement. Mais ce qui nous fascine, c’est le renversement que ça a provoqué : avant, on shootait pour atteindre la maquette. Aujourd’hui, on entre en studio pour être à la hauteur de ce qu’on a généré. Le réel court après l’imaginaire. Il fut un temps où on avait les Kodachrome, puis Photoshop. Aujourd’hui l’IA. Chaque époque a ses outils, ils ne valent que par les mains qui s’en saisissent et les idées qui les précèdent.

MEDIACOM Sur quels sujets planchez-vous actuellement avec vos équipes ? 

Pierre BELLEFLEUR Ce qui nous occupe, c’est ce que signifie une agence en 2026. L’IA a tout bousculé. On l’embrasse ou on meurt. Mais ce qui ne bouge pas, c’est la nécessité de penser avant de produire. Aujourd’hui, les algorithmes dictent les formats, les budgets justifient les raccourcis. Résister à ça, chercher la chose juste plutôt que la chose rapide, c’est presque un acte politique.

MEDIACOM Comment se porte l’agence La Chose ?

Pierre BELLEFLEUR Je ne communique pas sur les chiffres. Ce que je peux dire, c’est que La Chose est une des rares maisons indépendantes qui connaît la croissance dans un marché qui souffre. Ce n’est pas un hasard et c’est le résultat d’un redéploiement sérieux. Pour 2026, l’ambition est simple à formuler et exigeante à tenir : écrire un nouveau chapitre à la hauteur de l’héritage de la maison. Avec la même indépendance, la même liberté, la recherche de l’excellence et encore plus de mordant.

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