Le groupe Cosmo5 a été choisi comme partenaire officiel d’OpenAI dans le cadre du lancement de la publicité sur ChatGPT. L’occasion pour mediaCom’ d’évoquer ce nouveau canal stratégique pour les annonceurs avec Sylvain BONNEVIDE, Directeur général adjoint du Groupe Cosmo5.
MEDIACOM’ Le groupe Cosmo5 a été choisi pour rejoindre le réseau d’agences partenaires d’OpenAI pour le lancement de la publicité dans ChatGPT. Comment avez-vous été sélectionné ?
Sylvain BONNEVIDE Cela s’est fait de façon assez organique. OpenAI a d’abord lancé son offre sur les marchés anglo-saxons, où nous avons pu la tester avec des clients aux États-Unis, au Canada ou encore en Australie. Nous avions donc déjà une bonne compréhension et maîtrise de la plateforme. Nous avons ensuite pris contact avec OpenAI. Dans son approche initiale, l’entreprise s’adressait directement à certains annonceurs pour présenter l’arrivée de la publicité. Certains étaient nos clients et les ont orientés vers nous. Nous avons démontré deux capacités clés : notre agilité, notamment avec un lancement en août, et la diversité de notre portefeuille clients, avec une forte composante retail, un secteur particulièrement intéressant pour OpenAI. Nous leur avons proposé de contacter rapidement ces annonceurs pour les embarquer dans une phase de lancement. Ils ont accepté. Tout s’est fait assez récemment et rapidement.
MEDIACOM’ Vous avez déjà plus d’une dizaine d’annonceurs engagés. Concrètement, comment se passe cette phase de test ?
Sylvain BONNEVIDE Nous avons effectivement dépassé la dizaine de clients prêts à activer leurs campagnes. Nous sommes actuellement dans une phase d’onboarding et de découverte : l’objectif est de tester, de faire tester nos clients et de collecter des données. La démarche est 100% transparente. Nous donnons notamment accès à la plateforme à nos clients afin qu’ils puissent voir ce qui est acheté, combien ils investissent et quels sont les résultats. Sur la tarification, ce n’est pas le sujet à ce stade. Nous proposerons un forfait de setup limité, car nous sommes encore en phase de test : impossible de connaître précisément le temps de gestion nécessaire ou de garantir des revenus via ChatGPT. Nous sommes donc dans une logique de temps passé, avec un accompagnement pédagogique renforcé.
MEDIACOM’ Quel est le profil de ces clients ?
Sylvain BONNEVIDE Nous sommes autorisés à citer Carrefour et Cultura, tandis que d’autres annonceurs préfèrent rester discrets. Nous travaillons également en Espagne avec un opérateur télécom. En France, nous avons notamment lancé Bouygues Telecom et travaillons aussi avec des acteurs de l’énergie. Les annonceurs les plus réactifs et intéressés sont aujourd’hui ceux du retail.
MEDIACOM’ Comment mesurez-vous la performance des publicités sur ChatGPT ?
Sylvain BONNEVIDE Nous travaillons avec OpenAI en toute transparence : nous leur indiquons quels clients nous accompagnons et sur quelles problématiques. La plateforme étant encore très récente, les données disponibles restent limitées : dépenses, clics, impressions et possibilité de piloter les conversions, à condition notamment d’adapter les sites avec le consent mode. Pour l’instant, nous lançons les campagnes, nous nous assurons de la bonne remontée des données et nous pilotons les dispositifs. D’ici un mois à un mois et demi, nous ferons un premier point complet avec OpenAI sur les campagnes lancées et leurs recommandations par marché. Notre objectif est de construire un véritable partenariat stratégique, notamment autour de l’accompagnement et du benchmark multi-pays, très demandé par nos clients. Mais à ce stade, nous ne disposons pas encore de suffisamment de données.
MEDIACOM’ Avez-vous déjà des retours des autres pays, compte tenu de votre empreinte internationale ?
Sylvain BONNEVIDE Oui, et ils sont assez variés. Nous avons des signaux dans tous les sens : certains clients obtiennent de bons résultats et génèrent beaucoup de volume, tandis que d’autres sont plus en retrait. Les coûts peuvent également être élevés sur certaines requêtes et compétitifs sur d’autres plateformes. Avec quelques mois de recul sur un nombre encore limité de clients, nous observons des taux de conversion légèrement inférieurs à ceux de Google ou Meta. Dans le tunnel de conversion, nous positionnons donc pour l’instant ChatGPT plutôt au milieu du funnel: pas nécessairement dans une logique de transaction immédiate, mais davantage dans la comparaison et la prise de décision autour des produits et services.


